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lundi 9 juillet 2018

l' Etang frémissant...

Dimanche matin, 8 juillet, 7h30, parc du héron où l'air est frais, l'encre de chine bien noire et le café encore chaud.. Au travail donc!  Résultats moyens, bonne expérience, apaisante mais avec lumbago au final.. Je dois m'acheter une bonne chaise pliante.. A refaire encore et encore!  mais bon..  le plaisir était au rendez-vous. C'est le principal!
Un paysage en sumi-e et une calligraphie en 3 bonnes heures..










mardi 22 mai 2018

Ma peinture chinoise, mon chemin, mon sumi-e...


Qu’est-ce que le Sumi-e ?

Le terme japonais « sumi » signifie encre noire, « e » signifie peinture. Les sujets sont peints à l’encre noire, en dégradés variant du noir pur à toutes les nuances que l’on peut obtenir en le diluant avec de l’eau. Ceci ne veut pas dire que tout ce qui est peint ainsi puisse mériter le nom de « sumi-e ».
Le vrai sumi-e doit répondre à des caractéristiques déterminées et typiques, comme par exemple la sobriété et la spontanéité, qui touchent directement la sensibilité du spectateur. Pour qu’une peinture soit vivante, tous ses composants doivent être vivants. Ce type de peinture inclut déjà le dessin, aucun trait préparatoire n’est nécessaire, comme dans la peinture traditionnelle, chaque forme ou détail superflu est négligé.
Le sumi-e fut introduit au Japon par des moines Zen eut un rapide succès car dans cette technique picturale, comme dans la pratique du Zen, l’expression du réel est réduite à sa forme pure, essentielle. Les retouches, les ajouts, les décorations en réalité n’embellissent pas une œuvre, mais en voilent seulement la vérité naturelle, sa vraie nature. C’est un peu comme en cuisine: si vous mettez trop de condiments et trop d’épices, vous ne sentirez plus réellement le goût de ce que vous êtes en train de cuisiner.
Et comme dans le Zen où peu de mots suffisent à exprimer le sens de tant d’heures de méditation, dans le sumi-e peu de traits d’encre, tracés au pinceau sur une simple feuille de papier blanc, permettent de représenter le modèle le plus complexe. Il faut apprendre à cueillir l’essence, la vérité telle qu’elle est.

source: http://www.sumi-e.it/fr/quest-ce-que-le-sumi-e/

 
Les 4 trésors: le pinceau, le papier, la pierre à encre, l'encre

Ces quelques lignes d'explication ci dessus traduisent un idéal lié à une Histoire et vous trouverez toutes sortes de livres et de manuels..  après.. chacun en fera ce qu'il voudra..
L'important c'est d'y trouver du bonheur, de la paix intérieure, de la lenteur et de la vivacité. Tous les contraires s'y côtoient et y cherchent une harmonie qui peut facilement combler une vie.. Je vous l'assure!


Et donc voici quelques mauvaises photos de mes quelques modestes premiers résultats d'une pratique fascinante...
 Sumi-e,  "la voie de l'encre"




























jeudi 12 janvier 2012

Caspar David Friedrich ou les limites de l'au delà

Dans un grand nombre de tableaux de Caspar David Friedrich (1774-1840), le maître nous présente un ou plusieurs personnages de dos, anonymes contemplant un paysage sublime.

Seul face au créateur

L'interprétation la plus courante qui en est faite, consiste à nous expliquer que c'est là une invitation à nous fondre dans l'image par le biais d'une identification à ces êtres humains (et rien d'autre car non identifiables formellement) et donc à admirer avec eux ce même paysage. Ceci étant, c'est à mon sens plus subtil que cela. Sinon, pourquoi poser des personnages dans le décor ? Le paysage ne se suffit-il pas à lui-même par sa beauté pour être contemplé ? S'il s'agissait de nous identifier à ces spectateurs fictifs, pourquoi les disposer aussi loin dans l'espace représenté ? Pourquoi alors, dans cette hypothèse d'identification, ne pas figurer des silhouettes qui seraient plus proches, dans le sens d'un « plan américain », à la fois dedans et dehors du cadre (tableau) qui faciliterait un tel objectif ? Auquel cas, on obtiendrait plus efficacement un effet de « caméra subjective » qu'on utilise au cinéma pour permettre au spectateur de se fondre dans l'action à travers la peau d'un acteur (le plus souvent d'ailleurs non présent totalement à l'écran ou suggéré par un certain mouvement de caméra dit « à l'épaule »).


Impossible de rejoindre l'horizon


Selon moi, il s'agit chez Friedrich, de tout autre chose : ce qu'implique ces peintures, c'est avant toute chose, regarder des personnes regardant un paysage. En l'occurence, nous sommes donc des personnes interpellées à contempler des personnes contemplant un paysage. J'irai même plus loin : dans la salle d'exposition, il est fort probable que d'autres individus voient des individus, détaillant des individus contemplant un paysage... Bref, on pourrait prolonger cette chaîne longtemps dans ce qui apparaît être comme une mise en abîme du spectateur. Et à ce moment précis, je ne peux m'empêcher de me repasser mentalement cette scène du film, troisième volet de la fameuse saga, « les évadés de la planète des singes » (de Don Taylor, 1971), où un scientifique utilise, pour illustrer son propos - certes fantaisiste et très surréaliste -  sur la distorsion temporelle à l'origine du bond dans le temps effectué par les protagonistes Cornelius et Zira, l'image d'un paysage. Puis vient le peintre peignant le même paysage. Ensuite le peintre peignant le peintre peignant le même paysage et ainsi de suite jusqu'à un supposé infini conceptualisant ainsi l'interaction entre le cosmos et le temps. Vous commencez sans doute à comprendre là où je désire vous emmener.. ?




Ce que Friedrich pointe, toujours selon moi, ce n'est pas tant la représentation d'un lieu fut-il d'une sublime beauté, mais l'infinie puissance de cette beauté, œuvre divine face à laquelle l'homme ne peut que se résumer à une insignifiante anecdote, un insecte voué à la petitesse, à la fragile mortalité et à son incapacité absolue à pouvoir prétendre à créer au sens fort. Il ne peut accéder à une telle merveille que par l'illusion. Du moins s'en gargarise-t-il. La seule attitude possible face à de tels prodiges, ne peut être que dans la contemplation béate, debout dans une posture passive et respectueuse, observant un silence monastique (on pourrait d'ailleurs aussi écrire sur le silence, nordique, dans l'oeuvre de Friedrich, digne de certaines séquences d'un Bergman).




Béatitude extatique


Le temps se dilate à travers le regard qui ne peut comprendre la dimension spirituelle du spectacle divin qui se déroule devant lui, que par la taille même de ces personnages : ils agissent comme une unité de mesure, un mètre étalon nous donnant ainsi une échelle de comparaison. Quelle hauteur a cette montagne ? Quel est le diamètre de cette lune ? Quelle est la longueur de ce tronc d'arbre ? Voilà une autre fonction de la raison de figurer ces promeneurs contemplatifs toujours vus de dos. Ils sont plus « indice » qu' « index » : indices suggérant une réalité qui les dépasse, et  non un doigt tendu vers un « regardez donc ici» car le rectangle du cadre du tableau s'en charge déjà.

Toujours pour étayer ma thèse, on peut noter que ces mêmes individus figurant de dos sur la toile, sont très souvent au centre (mais pas toujours : dans ce cas ils sont index et non indices – revoir « Paris-Texas » de Wim Wenders) et plus rarement sur les côtés. Dans certains cas ils nous invitent, dans d'autres, ils nous bouchent littéralement une partie de la vue, nous pauvres spectateurs. Ce qu'ils voient de leurs propres yeux (toujours invisibles, car le regard chez Friedrich est chose secrète et intime), ils sont seuls à le voir. Pourquoi ? Serait-ce pour nous signifier que la beauté absolue du haut d'une modeste peinture, toile tendue sur un châssis de bois et couverte de pigments huileux, ne peut dignement pas prétendre à une équivalence de la création divine ?  C'est cette petite part d'invisibilité qui nous conduit à un vide, un manque voulu, une pièce du puzzle perdu à jamais qui fait de toute création humaine une imperfection : l'esprit de Dieu ne peut être figuré.. Iconoclaste ? Non. Humilité mystique ? Plutôt oui. La peinture est un mandala à effacer dès qu'on l'a vue. C'est osé.. ? Certainement. J'assume. (relire les correspondances de Friedrich avec le conseiller d'Etat de la ville de Dresde pour un projet de tableaux destinés à l'éducation de ses enfants sur la musique, peints en transparence, à voir dans l'obscurité, et éclairés par derrière par une lumière filtrée, et éphémères.).

Seul Dieu, ou tout autre puissance cosmologique indéterminée, détient ce privilège, lui rappelant ainsi sa position unique, figée dans le temps et l'espace, impuissant à rejoindre son créateur au creux de cet espace de beauté insondable. Et j'en viens à l'idée de limite de l'infini. Ces personnages de voyageurs « voyeurs », sont constamment en arrêt à l'endroit d'une frontière infranchissable présente dans le paysage : ils sont là où personne ne peut aller plus loin (à moins d'être un escaladeur chevronné, et encore..). Jusque là oui, au delà, non.  Ce qui encore une fois nous rappelle à l'ordre du divin, l'endroit précis où l'humain trouve son incapacité à se substituer au créateur. Face à lui se trouve un trou, une faille, un gouffre, une eau profonde, un ravin, un vide, une tranchée.. (les percées de Buren dans le paysage auraient-elles quelque chose de Friedrich?).
Aller plus loin, c'est mourir à coup sûr (ou les vues sans personnage où ne restent que ruines religieuses ou tombes avec un vide derrière). C'est encore risquer de se perdre (son âme) tandis que le paysage, lui, sera toujours là. Tel Icare se brûlant les ailes à trop vouloir se rapprocher du soleil, l'homme est contraint à ses limites terrestres de l'ici-bas. L'au-delà lui est interdit car l'Eden lui a été définitivement fermé : il n'en verra, avec bonheur, qu'une parcelle de derrière les barreaux de la grille. C'est un damné condamné.

La tombe comme limite terrestre


Friedrich est sans conteste un grand peintre romantique qui  influence encore notre vision contemporaine du monde qui nous entoure et dont nous ne mesurons pas encore, et sans doute jamais, les limites. Il a réfléchi picturalement avec passion à la condition humaine et ne peut être considéré comme un simple peintre de paysages qui voudrait qu'on ne rate pas la vue indexée par un panneau publicitaire de chez KODAK.

« Des collines qui s'élèvent doucement empêchent de voir au loin ; elles limitent en même temps les aspirations et la volonté des enfants : ils jouissent du présent délicieux, n'aspirant à rien d'autre, ni à rien qui soit ailleurs. »  C.D. Friedrich, extrait du journal intime.

Le naufrage de l'espérance quand on est allé trop loin

mercredi 30 novembre 2011

Mon indignation

J'ai bien conscience que les quelques lignes qui suivent n'ont rien de très surprenant et ne servent à rien dans l'absolu, mais ça me fait plaisir. L'indignation court les rues comme une trainée de poudre qui ne demande qu'à être allumée, mais j'ai bien peur qu'aucune bombe n'explose car elle ne mène à rien à l'autre bout...
En ce qui concerne l'art, depuis la fin des années 80, un phénomène s'est accentué et a fait de lui un immense vivier spéculatif. L'oeuvre est plus que jamais un placement, une valeur qui ne cesse d'augmenter pour certains et de se dégrader pour d'autres. Alors, pour mettre plus de chances de son côté, l'artiste ne cherche plus à dire quoique ce soit et se contente d'un consensus global où plus rien ne dérape, ne critique, ne témoigne, ni ne met en avant une quelconque pensée personnelle. Le but est de se faire repérer par tel ou tel intermédiaire en cheville avec le système qui propulsera par ses moyens financiers ou politiques telle ou telle oeuvre sans fond. De là, le succès et la fortune seront assurées... On assiste à une profusion d'images gadget sans teneur, de sculptures grandiloquentes et autres productions spectaculaires et faussement mystérieuses. Au mieux, on a des oeuvres avec l'apparence du fond mais se contentant de la forme, lisse et glacée de la bonne société, où se reflète la figure heureuse de la béatitude lobotomisée.
Jeff Koons
 Le très intelligent documentaire de Ben Lewis "l'art s'explose" (article sur "le post") démontre bien la mécanique mafieuse mondialiste qui fabrique de toutes pièces des stars de l'art médiocre comme Philippe Pasqua, artiste de toute évidence arriviste et plagiaire au savoir faire rapide, prolifique et bien torché (trois qualités indispensables pour le marché de l'art). Incapable de prononcer une phrase intelligente et se servant à pleines poignées de tout ce qui se produit autour de lui, manipulant les citations plastiques pour se garantir une identité plastique identifiable facilement, il s'est assuré un niveau de vie plus que confortable en se frayant un chemin dans ce milieu de parrains par le vulgaire racoleur et les objets clinquants.

Philippe Pasqua
D'autres, après s'être retrouvés au sommet de l'olympe où résident ces faux dieux de l'excellence artistique, purs manipulateurs sans scrupules de la finance internationale, se sont hissés au même niveau en provoquant d'eux mêmes des bulles spéculatives, comme Damien Hirst. Artiste intelligent? attitude ironique? posture critique? même pas. Juste une personne avide, dépassée par l'ivresse de la fortune, manipulant les codes entre spectaculaire et répugnant.
Damien Hirst

Nombre d'artistes se constituent de véritables usines de production, embauchant une multitude de petites mains prêtes à "servir" le maître dans ses délires les plus fous, mais aussi les plus "bankable". Les oeuvres les plus clinquantes et les plus absurdes sortent d'ateliers où foisonnent les plans marketting en tous genres: on n'y produit pas de l'art, mais des objets ciblés sur une clientèle potentielle, allant jusqu'à fabriquer des produits dérivés comme on en trouve à Disneyland.
magnets Murakami

Le plus triste c'est que ce phénomène ne concerne pas uniquement les plus grands.. Bien au contraire, une foule de petits inconnus se ruent sur le moindre lieu d'exposition un peu reconnu pour fourguer des camelotes insondables! Tous les sujets sont bons, rien n'y est épargné. On trouve du tout et du n'importe quoi pourvu que ça ait l'air bien fait, avec une pointe de narcissisme à peine déguisé, un zeste d'autosuffisance, et une grosse louche de relations bien placées.  Chacun y va de son charme personnel, de poignées de mains entachées de petites magouilles financières, de subventions louches et de trafics d'influences en partenariat avec des élus friands de bulletins de vote...



site de vente en ligne "d'art contemporain"

Le résultat est affligeant. Tout le monde court derrière des prix de vente hallucinants où ne se reflète que la misère ou la pingrerie... Les prix sont au delà de tout jugement, la critique est inexistante. C'est un univers sauvage, fait de sites internet, de salles de vente aux enchères, de galeries privées ou associatives, où la spéculation est la plaque tournante d'une diffusion d'oeuvres aussi plates et insipides les unes que les autres.
Didier Argentero, artiste "numérique", titre: "le mouton"...
Alors oui, je suis certainement un illuminé qui espère encore bêtement qu'on regardera son travail pour ce qu'il est véritablement et pas pour sa valeur sonnante et trébuchante potentielle.. Mais voilà, dès qu'on ne se soumet pas à cet univers consensuel nauséabond, on devient très vite un paria, une personne à éviter. On tombe dans un anonymat sans fond où toutes les portes se ferment car à partir de moment où l'oeuvre propose un regard critique sur le monde, ou si ses sujets ne vont pas dans le sens général, personne n'en veut!
Où sont passées les années 70? Fortes de leurs utopies et de leurs cris de guerre!? Même les artistes de cette époque ont fini par céder et se sont retrouvés totalement assimilés par ce système qu'ils critiquaient.  L'artiste a toujours été assujetti au pouvoir, à l'idéologie dominante et à l'argent.  Nous auront connu un petit siècle de répit romantique nuancé d'anarchie et de révolte.. et c'est déjà fini. Bien plus qu'ailleurs, car dans la musique et le cinéma on trouve encore des révoltés, le plasticien est à nouveau le complice de la bêtise, de l'argent omnipotent, du pouvoir et de ses ornières.

mise à jour et suite en 2020:

 
 Bien que je reste assez d'accord avec le moi d'il y a 4 ans environ, j'ai surtout assimilé, intégré et digéré une vérité toute simple: l'art n'existe pas.

Je suis bêtement entré dans l'univers des beaux arts dans ma prime jeunesse (je prenais des cours du soir à 13 ans) comme un enfant qui se prépare au séminaire pour devenir prêtre... J'avais bien des choses à dire et persuadé qu'avec du talent et surtout beaucoup, beaucoup de travail, ON finirait par écouter JE... Mais je n'étais pas encore assez cultivé, ni mature, ni devin, pour me rendre compte qu'à ce moment-là je n'étais qu'un, parmi tant d'autres, sous-produit de la guerre froide; en tant qu'artiste de la "liberté" à tout prix, je ne faisais que servir les objectifs idéologiques du mondialisme qui n'allait pas tarder à reprendre les rennes de tout ce petit monde, vociférant à corps et à cri assaisonné d'un peu de tout et de n'importe quoi: au diable les Hans Haacke, les nouveaux expressionnistes, les body-artistes de tout poil, les NINA HAGEN, les "figurateuteurs" trop libres (pas ceux du marais!) et tout le "saint frusquin jeanYannesque" et ses blagues trop dérangeantes: à partir des années 90, l'art redevient pleinement ce qu'il a toujours été au fond (car il n'y a que de la forme quelque soit le "petit message" du bonhomme):

UN PRODUIT DE LUXE
POUR FLATTER LE NOMBRIL
DES PUISSANTS ET DES POSSéDANTS

AUX YEUX DES AUTRES
PUISSANTS ET DES POSSéDANTS

AUX YEUX DES AUTRES
PUISSANTS ET DES POSSéDANTS

AUX YEUX DES AUTRES
PUISSANTS ET DES POSSéDANTS..........

Un point c'est jamais fini!



NB: Maintenant je peins des oiseaux
et j'écris des contes pour mes futurs petits enfants, 

et j'ai parfaitement compris ce qui est arrivé aux artistes constructivistes qui sont restés en URSS et qui n'ont pas voulu émigrer aux USA sous la pression des galeristes capitalistes (euphémisme) de l'époque... et qui nous sont revenus en boomerang à la libération en 1945!
Mais en beaucoup plus chers!
Business is business..